Ca fait maintenant 4 ans que nous avons lancé l’aventure Soul.City, en partant d’une idée, comme souvent, autour d’un verre. Stephane et moi nous connaissons depuis près de 10 ans maintenant et nous avions souvent travaillé ensemble. Souvent, quand j’allais au Québec et qu’on faisait la route de Montréal vers la Gaspésie on se mettait à refaire le monde. Faut dire qu’on a le temps durant les près de 10 heures que ça nous prends (quand tout va bien). Un jour, alors qu’il travaille sur un projet touristique régional il m’évoque une idée de parcours créés par les gens du coin, le pêcheur, le vieux du village, etc… J’aime bien cette idée, et comme j’ai pas mal bossé dans le domaine du tourisme, l’idée fait son chemin.

Le vrai déclic aura lieu quelques mois plus tard, à Strasbourg. Stephane vient d’atterrir et me dit: « Ecoute, il est 16:00, je suis complètement jet-lag, dans 3 heures je voudrais me coucher, mais avant j’ai bien envie de manger un morceau et que tu me fasse découvrir ta ville.”

Ni une ni deux, je l’emmène se balader dans le centre de Strasbourg, on prends un verre ici, on mange un bout là, et je lui réserve la surprise du chef, avec l’inévitable Cathédrale de Strasbourg. Mais, alors que tous les touristes sont déposés en face, place Gutenberg, je décide de le faire passer par la petite ruelle des Maroquins à la tombée de la nuit. Par là, l’effet est saisissant, tu ne la vois qu’au tout dernier moment, en sortant de la ruelle et tu te la prends en pleine face. Wow ! Effet garanti !

« C’est ça qu’il faut qu’on fasse ! Des parcours qui créent des émotions, mieux, qui les amplifient ! »

Depuis, plein de choses se sont passés, nous étions 3, et nous sommes redevenus 2. Nous avons testé plein de choses, adapté notre discours à plein de situations, pitché, pivoté, adapté, transformé, amélioré, bref, une vie de startup. Mais une startup tranquille, parce que dès le départ nous savions que ça allait mettre du temps. Nous avons d’ailleurs élaboré la stratégie sur le long terme, nous donnant les moyens de faire tourner la boite à peu de frais. Nous avons créé une 1ère version qui a posée les bases, fait la démonstration des premières hypothèses. La deuxième version a été rendue possible par une « petite » levée de fonds de 150.000 $, suffisante pour le développement, mais pas assez pour un plan marketing ambitieux. Là encore, cette nouvelle version allait plus loin, améliorant considérablement l’expérience de déambulation, et ajoutant des statistiques précieuses pour mieux comprendre nos utilisateurs et leur offrir les contenus les plus en phase avec leurs désirs.

Mais nous sommes encore à ce moment-là sur un modèle lourd, difficile à rendre « scalable ».

Pour qu’un parcours soit pertinent il faut réunir 3 éléments : un contenu de « référence » écris de préférence par quelqu’un reconnu dans le domaine, un « diffuseur » capable de toucher la cible intéressée par ce contenu, et un sponsor, désireux d’associer sa marque à ce contenu, pour toucher la cible identifiée.

Pour vous donner un exemple, imaginez le parcours « Rock à Paris », validé par Philippe Manoeuvre, diffusé par « Rock&Folk » et sponsorisé par « Ray-Ban » ou « Dock Martins ». Le contenu est forcément génial pour les amateurs de Rock, mais réunir tous ces facteurs est un travail considérable. Nous l’avons fait et réussi à plusieurs reprises, ce qui donne à notre application ses contenus si riches. Des auteurs comme Marie-Joelle Parent, des designers comme Jean-Claude Poitras, des artistes comme Misstress Barbara ou Sylvain Gourlay, des blogueurs comme Emanouela ou Vivien, des guides comme Guillaume Le Roux, des organisateurs d’événements comme Smmmile festival ou FARSe, des institutions comme la Ville de Montréal ou la Ville de Strasbourg, des fondations comme la Fondation Jean Lapointe ou La Fondation Contre le Cancer du Sein du Québec… bref, ce sont aujourd’hui plus de 300 parcours originaux, déployés dans plus de 10 villes dans le monde, qui nous rendent vraiment fiers.

On a même créé un parcours pour faire un clin d’oeil à Elon Musk

Mais voilà, force est de constater que notre modèle est trop lourd, trop artisanal, pas assez duplicable à l’infini. Au printemps, nous étions arrivé à la conclusion qu’il nous fallait revoir notre modèle au risque de nous épuiser ou de nous lasser. Ca n’a pas été sans douleurs et sans grosse remise en question, mais n’est-ce pas là le propre de n’importe quel projet ambitieux ? Alors oui, il est parfois nécessaire de ravaler son égo, de remettre en questions des certitudes acquises, de se faire bousculer par nos pairs, nos partenaires, nous-mêmes… Il nous a fallu l’été pour poser de nouvelles bases de réflexions, émettre de nouvelles hypothèses et voir si nous n’étions pas passé à côté de l’essentiel.

Deux pistes, évoquées mais jamais vraiment creusées, sont apparues, et l’une d’elle s’est avérée extrêmement puissante. Si puissante que l’un des plus grand média Canadien, rassemblant des dizaines de chaînes TV, radios, et médias numériques, a immédiatement identifié un nouveau terrain d’expérimentation. C’est un jury de 20 personnes qui a adoubé notre idée et plusieurs pôles qui ont manifestés leur “fort intérêt” pour expérimenter notre trouvaille. Mais à côté de quoi étions-nous passé depuis si longtemps ? C’était pourtant écrit dans un de nos tous premiers PowerPoint, c’était là, sous nos yeux, et on s’était écartés de l’évidence.

… to be continued…

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Michaël Bechler – Vice-Président et Co-Founder de Soul.City inc.