La semaine dernière, l’annonce de GoogleTrips a fait beaucoup de bruit dans le petit monde du voyage, et pour cause, l’application est pleine de promesses ! Imaginez pouvoir tout intégrer dans une seule application quand vous partez en voyage, vos billets d’avion, vos réservations d’hôtel, et découvrir sur place les lieux les plus importants à aller visiter, le tout sans connexion puisque vous pouvez télécharger à l’avance les informations et les maps. Bref que du bonheur, sur le papier. Eh oui, parce que Google reste Google et son métier, c’est pas le voyage, c’est les mots clés !

Comme tout bon curieux, voyageur et en plus co-fondateur d’une startup au coeur du voyage, j’ai donc téléchargé ce miracle de technologie (non je ne suis pas ironique, elle est vraiment bien réalisée, ce qui n’est pas toujours le cas des produits Google). Une première chance, c’est que je sois utilisateur de Gmail, ben oui, parce que si vous n’êtes pas Gmail, passez votre chemin… un premier point qui risque d’en rebuter quelques uns. En effet, GoogleTrips va aller chercher dans vos Gmail toutes les informations qui pourraient être intégrées dans ce « planificateur de voyage »: billets d’avions, réservation d’hôtels, mais aussi vos derniers déplacement avec Google Maps. Et puis, le coquin il repère là où vous allez le plus souvent, pour ma part, il a repéré que je vais régulièrement à Montréal, c’est assez bluffant (certains diront flippant…).

img_7748

Bien évidemment il repère également où vous vous trouvez, j’ai donc regardé ce qu’il me propose à Strasbourg, que je connais pas trop mal 😉

« Réservations » : rien, normal je vais pas souvent à l’hôtel là où j’habite, “Saved Places » rien non plus, bizarre, parce que j’ai pas mal de choses sauvegardées dans GoogleMaps sur Strasbourg, il faut surement sauvegarder des places recommandées dans Trips … Passons donc à « Things to do » : cathédrale de Strasbourg, waouh, c’est vrai que c’est le “top spot », qui va à Strasbourg ne peut échapper à sa cathédrale millénaire, mais point de vue originalité on repassera, je pense que le plus vieux des Routards ou des Lonely Planet, sans algorithme très poussé est arrivé à la même conclusion. Je suppose que sur Paris c’est « The Eiffel Tower » (bingo , j’ai vérifié) et sur Montréal le « Vieux Montréal ».

googletrips

Bon je suis taquin, on a ensuite des onglets « For You » (j’ai pas compris sur quoi il se basait pour me proposer des églises) et des choses un peu plus thématiques « Kid Friendly », « Indoor » , etc… Les résultats sont toujours basés sur l’algorithme habituel, on retrouve ce qu’on trouvait déjà dans GoogleMaps sous le titre « explorer les environs », des lieux répertoriés en fonction des critères habituels de Google (AdWords, recommandations, notes, commentaires, etc…). Bref, les lieux où tout le monde va, le syndrome du « piège à touristes ».

Une autre fonction, qui m’intéresse particulièrement, c’est « Day plans ». Des parcours dans la ville, sensés nous faire voir l’essentiel. Mais vous vous en doutez, on est encore sur du très très basique, basé sur l’algorithme et proposant ce qu’on peut retrouver dans n’importe quel guide, quelque soit son âge. Par contre, la fonction permettant de télécharger le plan et de se balader de point en point sans connexion, est vraiment utile pour les voyageurs hantés par le roaming.

La question qui m’a taraudé (pas très longtemps je vous rassure), c’est : “mais où veulent-ils en venir ?” En fait, c’est très logique comme démarche, le coeur de la stratégie de Google (le moteur, pas la compagnie Alphabet), c’est de vendre aux enchères tous les mots de toutes les langues. C’est un raccourci en effet, mais il permet de comprendre tout ce qui gravite autour. Avant, Google se contentait de mettre ça dans son moteur de recherche, on tape un mot et on a nos résultats payants qui s’affichent, puis les résultats naturels (qui le sont de moins en moins).

Ensuite Gmail est arrivé, avec l’analyse de vos contenus pour vous proposer des annonces ciblées, puis, GoogleMaps et votre géolocalisation, et maintenant, Trips. Google n’a en fait qu’aggloméré dans une même application destinées aux voyageurs, toutes les informations qu’il peut récupérer grâce à son algorithme et vous les classer pour mieux vous y donner accès. Je pense même qu’à terme, Google va s’attaquer à chaque domaine d’activité pour faire de même… à quand une appli GoogleJob, qui va syndiquer toutes les annonces d’emplois, ou un GoogleShopping qui ne fera reprendre que ce qui est déjà indexé en proposant toujours plus de résultats (payants) pour poursuivre sa stratégie de vente de positionnement dans ses résultats. Google n’est pas là pour créer du contenu de qualité, Google est là pour vous donner accès au contenu offert par ceux qui peuvent se payer du clic…

La limite de l’automatisation

Tous les réferenceurs et tous ceux qui veulent être visibles sur Google aujourd’hui vous le diront, l’algorithme c’est la bête noire ! Certains passent leur temps a essayer d’en percer les secrets pour être mieux positionné que le voisin. Au final, le seul intérêt de Google sera de vendre des mots clés à des annonceurs et d’inciter des utilisateurs bien ciblés à cliquer dessus.

Avec Soul.City nous avons prit le parti de ne pas offrir le contenu habituel qu’on peut trouver dans tous les guides touristiques depuis la nuit des temps. Comment pourrions-nous nous targuer de faire vivre des expériences en fonction des émotions, si on en venait à proposer les mêmes endroits que tout le monde ? Notre contenu est créé par des amoureux des villes, des gens qui la connaissent bien et ont envie de la faire découvrir à leurs amis. Quand Emanouela nous propose un parcours Strasmiam, elle ne nous emmène pas dans les restos avec 500 commentaires et surtout pas dans les « pièges à touristes ». Non, elle va nous propose une balade dans les petites ruelles de Strasbourg, d’épiceries en échoppes, pour se constituer un panier pique-nique authentique, à déguster au bord de l’eau, au pied du vieux Strasbourg. C’est bien d’expérience dont on parle, pas d’algorithme ! Quand on demande à Vivien de Pokaa d’imaginer son parcours « Urban Artist » il nous emmène dans des endroits invisibles dans tous les radars de Google, à la rencontre d’artistes et de passionnés, à la découverte de quartiers qui ne voient en général que les touristes perdus ! Alors oui, vous ne retrouverez pas vos billets d’avion dans l’application Soul.City, parce qu’on pense que d’autres le font bien mieux que nous. Par contre, vous voulez découvrir l’âme de la ville, vous êtes dans la bonne application.

Soul City, l’appli qui vous fera sortir du lit pour re-découvrir Strasbourg

Nous sommes persuadés que nos utilisateurs trouveront leur bonheur dans plusieurs applications, en fonction de leur besoins et de la pertinence des résultats. Dommage par exemple que GoogleTrips ait volontairement omis de référencer les résultats de TripAdvisor… coupant du coup des résultats parfois plus objectifs que ceux proposés par Google. A l’heure du « vivre comme un local » Google nous offre juste son moteur de recherche avec des raccourcis sensés aider le voyageur, mais sans ce soucier de l’expérience que ce dernier voudrait vivre. Nous espérons avec Soul.City garder cette authenticité et pour cela nous ne vendons pas les points de parcours, nous les choisissons en fonction de l’émotion que nous pensons qu’ils vont pouvoir susciter, grâce aux retours des blogueurs et des passionnés de leur ville.

Alors oui, GoogleTrips fait trembler les guides traditionnels qui se contentent depuis des années de ne proposer que les mêmes lieux, oui les Office de Tourisme doivent se remettre en question (ce qu’ils font de plus en plus souvent) en essayant de proposer un regard neuf sur l’offre touristique. Comprendre le touriste d’aujourd’hui, le City Breaker, et même le résident d’une ville pour lui offrir la plus belle expérience de découverte, voilà ce qui constitue notre ADN et notre volonté de mettre Soul.City dans toutes les poches.